La récession conduit à la régression par Emmanuelle DREVON rédactice en chef adjointe de “La Tribune de Genêve”
14 fév 2009 1 Commentaire
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ÉDITORIAL | C’est une tactique qu’il maîtrise: Nicolas Sarkozy a le chic pour annoncer des mesures à contre-courant des espoirs de ses concitoyens.
Alors qu’il est attendu sur la crise et les solutions à apporter pour en sortir, le président français propose de raccourcir le congé parental d’éducation qualifié par ses soins de «gâchis». Mal rémunéré il permet, pendant un an à trois ans au maximum, d’élever son enfant. Sous couvert de concilier politique familiale et emploi, il s’en prend à un acquis social. Une conquête qui a notamment permis à la France d’occuper cette place particulièrement enviée de championne européenne de la natalité.
Tare de ce congé parental, il nuit au pouvoir d’achat, véritable obsession présidentielle. Mais n’en déplaise au chef de l’Etat, la décision d’une mère de rester à la maison pour élever son enfant est parfois voulue et assumée. Une éducation qu’il faudra alors valoriser et considérer comme une expérience à l’heure où elle devra reprendre un travail.
En échange d’un retour plus rapide des femmes sur le marché de l’emploi, Nicolas Sarkozy suggère un aménagement des horaires et des temps partiels. C’est louable, sauf que cette proposition ne dépend pas de lui, mais bien des employeurs qui n’ont pas toujours le bien-être des jeunes mères comme unique préoccupation.
La garde des Sceaux, Rachida Dati, célèbre pour avoir ratatiné son congé maternité à cinq jours, aurait-elle ainsi servi de cheval de Troie? La pratique a certes choqué mais est finalement aujourd’hui oubliée; le président peut donc s’attaquer en toute quiétude à ces acquis qui lui donnent le sentiment que les femmes en profitent pour flâner et s’amuser. Qui fera les frais de sa prochaine offensive? Le congé maternité lui-même? Nicolas Sarkozy ne connaît aucune limite.
Emmanuelle DREVON
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